Achat Lagoon · 11 Mai 2026 · 12 min de lecture

Refit d’un Lagoon 380 : ce que nos équipes ont appris en 5 mois de chantier

Refit complet Lagoon 380 : retour terrain Sailoé sur budget coque, moteurs, voilerie, électronique, aménagements.

Un refit de Lagoon 380, c’est cinq mois de travail, une coque récupérée quasiment vide, et une remise à neuf complète : moteurs, gréement, électronique, confort. Nos équipes l’ont fait entre septembre 2020 et janvier 2021 sur le Lagoon 380 surnommé CONTREBANDE, abandonné aux Antilles depuis 2010. Voici ce que ce chantier nous a appris sur la remise en état d’un catamaran Lagoon 380, et ce que cela implique vraiment.

Qu’est-ce qu’un refit de catamaran Lagoon 380, et pourquoi ce modèle s’y prête particulièrement ?

Un refit de catamaran va de la simple remise en navigabilité - quelques postes ciblés - jusqu’à la reconstruction quasi intégrale d’un bateau dont seule la coque subsiste. Le Lagoon 380 se prête particulièrement bien à cet exercice : sa coque en polyester, conçue par l’architecte naval VPLP (Van Peteghem Lauriot Prévot), est réputée pour sa robustesse dans le temps. Produit de 1999 à 2019 (arrêt de production confirmé), ce modèle 4 cabines de 11,55 m de longueur et 6,53 m de largeur est aujourd’hui uniquement disponible sur le marché de l’occasion. La plupart des exemplaires ont entre 10 et 25 ans d’âge, et beaucoup ont besoin d’une remise à niveau sérieuse. C’est précisément parce que la coque tient bien que le refit a du sens sur un Lagoon 380 : on reconstruit tout le reste sur une base solide.

Le Lagoon 380 en quelques chiffres techniques

  • Longueur : 11,55 m
  • Largeur : 6,53 m
  • Tirant d’eau : 1,15 m
  • Surface grand-voile : 47 m²
  • Surface génois : 30 m²
  • Motorisation : 2 x Yanmar 3YM30 (29 cv), saildrive Yanmar SD50
  • Capacité eau : 300 L
  • Capacité carburant : 2 x 100 L
  • Production : 1999 à 2019 - architecte VPLP

Quel était l’état de départ du Lagoon 380 CONTREBANDE, et pourquoi avons-nous décidé de le refiter entièrement ?

Le CONTREBANDE avait été abandonné aux Antilles en 2010. Nos équipes l’ont récupéré en 2018 dans un état de dégradation avancée : le bateau avait été pillé pendant les années d’abandon. A notre arrivée, seule la coque polyester était intacte. Plus de circuit électrique, plus d’accastillage, plus de voiles, plus d’équipements de navigation. Un bateau vide, mais avec une coque saine.

C’est cette coque qui a justifié la décision de refiter plutôt que de passer. Sur un Lagoon 380, la valeur intrinsèque du bateau réside dans sa structure et dans la qualité de son polyester. Si la coque est saine, on peut tout reconstruire par-dessus. Si la coque est compromise (osmose profonde, jonctions fissurées, pont désolidarisé), le calcul économique ne tient plus. Ici, le diagnostic de la coque était clair : le CONTREBANDE pouvait être remis à neuf de fond en comble. Le chantier a démarré en septembre 2020 sur notre base de Lorient, au Port de Kernevel.

Comment nos équipes ont-elles abordé la remise à neuf : quelles ont été les premières étapes du chantier ?

La première décision dans un refit de fond, c’est l’ordre des travaux. Nos équipes ont choisi de commencer par l’infrastructure électrique avant tout le reste. C’est une logique de chantier : on ne peut pas poser des menuiseries, des équipements de confort ou des instruments de navigation si les circuits ne sont pas en place. Commencer par l’électrique permet d’éviter de démonter deux fois les aménagements, et de ne pas découvrir en fin de chantier qu’il faut ouvrir les cloisons que l’on vient de poser.

Après les circuits, nos équipes ont remonté l’accastillage de pont : listons, balcons, chandeliers, taquets, winchs. C’est le travail de remise en état structurelle du pont avant que les systèmes complexes ne viennent s’y greffer. Sur un bateau aussi dépouillé que le CONTREBANDE, cet ordre a été déterminant pour la cohérence du chantier.

Pourquoi commencer par les circuits électriques dans un refit de catamaran ?

Sur un Lagoon 380, le circuit 12V alimente l’ensemble des systèmes critiques du bord : instruments de navigation, VHF, éclairages des cabines, pompes de cale, pilote automatique. Le circuit 220V prend en charge les chargeurs de batterie, les prises de cabine, le réfrigérateur et le four électrique. Dans un refit complet sur un bateau pillé, ces deux circuits sont à refaire intégralement. Refaire l’électrique en premier présente un avantage simple : on tire les câbles dans des cloisons et des gaines encore ouvertes, sans avoir à déconstruire des aménagements finis. C’est une économie de temps et une garantie de qualité d’installation.

Quels travaux de motorisation et de gréement un refit Lagoon 380 implique-t-il ?

La motorisation et le gréement représentent les deux postes techniques les plus structurants d’un refit Lagoon 380. Sur le CONTREBANDE, les moteurs d’origine avaient disparu lors du pillage. Nous avons posé deux Yanmar 3YM30 neufs (29 cv chacun), montés sur saildrive Yanmar SD50. Le saildrive est la pièce mécanique la plus surveillée sur un catamaran Lagoon 380 : sa membrane d’étanchéité, qui fait barrière entre le carter moteur et l’eau, doit être remplacée selon les recommandations du constructeur Yanmar (tous les 7 ans en théorie, parfois étendu à 10 ans selon les conditions d’utilisation). Sur un bateau d’occasion, l’état de cette membrane est l’une des premières vérifications à effectuer.

Pour le gréement, nous avons travaillé avec Incidences, notre partenaire voilerie, dont les bases couvrent Brest, La Rochelle et Toulon. Le gréement dormant du CONTREBANDE - haubans, étais, galhaubans en câbles inox 316 - a été entièrement remplacé. C’est une décision cohérente avec l’historique du bateau : un gréement posé avant 2010 et laissé sans entretien depuis 10 ans ne présente aucune garantie de résistance mécanique. Les professionnels du nautisme recommandent de remplacer le gréement dormant tous les 10 à 12 ans sur un catamaran de croisière soumis à des charges importantes. Au-delà de 13 à 15 ans, le risque de rupture par fatigue mécanique augmente significativement. Incidences a également refait les voiles : une grand-voile de 47 m² et un génois de 30 m², entièrement neufs.

Qu’est-ce que le gréement dormant, et à quelle fréquence faut-il le remplacer sur un Lagoon ?

Le gréement dormant désigne l’ensemble des câbles qui maintiennent le mât en position : étais (avant), haubans (latéraux), galhaubans (diagonaux). Sur un Lagoon 380, ces câbles sont en inox 316 (grade marin). Leur durée de vie est limitée par la fatigue des fils et l’oxydation des sertissures - les extrémités qui relient le câble aux ferrures. Les signes d’alerte à surveiller sont les sertissures rouillées, les fils cassés visibles en surface du câble, et toute déformation des ridoirs. Sur le CONTREBANDE, dont le gréement remontait à une époque antérieure à l’abandon de 2010, le remplacement intégral n’était pas une option : c’était une nécessité absolue de sécurité.

Comment avons-nous abordé l’électronique de navigation et les équipements de bord ?

L’électronique de navigation est le troisième grand poste d’un refit complet. Sur le CONTREBANDE, tout était à refaire : le bateau avait été pillé de bout en bout, y compris les instruments. Nos équipes ont installé une centrale électronique complète depuis le poste de navigation. Celle-ci couvre la VHF, le pilote automatique, le chartplotter, l’AIS (système d’identification automatique des navires), ainsi que les instruments de bord : vitesse, profondeur, direction et vitesse du vent.

Refaire l’électronique d’un bloc présente un avantage que nous recommandons à nos clients qui acquièrent un Lagoon 380 d’occasion : la cohérence des systèmes. Un bateau qui accumule des équipements de générations différentes - un chartplotter de 2004, un pilote de 2012, une VHF de 2018 - est un bateau difficile à maintenir, avec des incompatibilités fréquentes entre protocoles (NMEA 0183 vs NMEA 2000). Partir d’une ardoise vierge, comme nous l’avons fait sur le CONTREBANDE, permet d’installer une centrale cohérente, interfacée, et à jour des normes de sécurité actuelles.

Qu’est-ce qui fait la différence sur le confort à bord : sellerie, menuiseries, sanitaires ?

Le dernier grand volet du refit CONTREBANDE concernait le confort à bord. Sur un catamaran de charter, c’est ce que les passagers ressentent au quotidien : la qualité des matières, la fonctionnalité des rangements, la robustesse des équipements de cuisine et de salle de bain. Sur ce bateau pillé, menuiseries et équipements de confort étaient absents ou hors d’usage. Nos équipes ont tout installé : gaz, four, plaques de cuisson, réfrigérateur, robinetterie, groupes d’eau (osmose et production d’eau chaude), teck dans les salles de bains, menuiseries intérieures (portes, tiroirs, placards), toiles de cockpit et nouvelles selleries.

Le choix des matériaux sur un catamaran de charter obéit à une logique différente de celle d’un bateau privé. Les matériaux doivent être durables, faciles à nettoyer et à remplacer entre deux chartes. Le teck dans les salles de bains est plus facile à entretenir que de la moquette ou des revêtements synthétiques sur le long terme. Les selleries de cockpit doivent résister aux UV, à l’eau salée et à un usage intensif. Ce sont ces critères - pas simplement l’esthétique - qui ont guidé chacun de nos choix sur le CONTREBANDE.

Quel bilan tirons-nous de ce refit, et que conseillons-nous à quelqu’un qui envisage d’acquérir un Lagoon 380 d’occasion ?

Au terme des cinq mois de chantier, le CONTREBANDE semblait neuf. C’est le résultat que nous visons sur chaque bateau refité : aucune trace du passé dans les équipements, une cohérence d’installation, et une fiabilité opérationnelle immédiate. Ce chantier nous a confirmé ce que nous savions déjà : un refit de fond sur un Lagoon 380 très dégradé mobilise de 5 à 7 corps de métier différents - électricien marine, gréeur, voilier, menuisier, mécanicien marine, sellier, plombier. C’est précisément l’avantage d’un opérateur disposant d’une équipe technique en propre sur chaque base : les corps de métier se coordonnent, les délais sont maîtrisés, et la responsabilité de l’ensemble du chantier incombe à un seul interlocuteur.

Si vous envisagez d’acquérir un Lagoon 380 d’occasion en vue d’un refit partiel ou complet, quatre points de contrôle sont prioritaires. L’état du gréement dormant : vérifier la date de pose documentée par le vendeur et inspecter visuellement les sertissures à la recherche de traces d’oxydation. Les membranes de saildrive Yanmar SD50 : s’assurer qu’elles ont été remplacées récemment, car c’est le point de défaillance le plus coûteux sur ce modèle. L’état des voiles : déchirures, armature des lattes et intégrité des UV-strips. Et la coque elle-même : test osmotique, inspection des jonctions entre les deux coques et état général du pont (désolidarisation, cloquage).

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Questions fréquentes sur le refit d’un Lagoon 380

Combien coûte un refit complet d’un Lagoon 380 ?

Le coût d’un refit dépend entièrement de l’état de départ du bateau. Un refit léger - gréement, voiles, électronique de base - représente un investissement de l’ordre de 30 000 à 40 000 euros pour un bateau bien entretenu. Un refit profond sur un bateau très dégradé - moteurs neufs, gréement complet, électronique, menuiseries, selleries - mobilise des ressources bien supérieures sur 4 à 6 mois de chantier. Une expertise préalable de l’état du bateau est indispensable pour évaluer les postes prioritaires et cadrer le budget réellement nécessaire.

Quels sont les points de contrôle prioritaires avant d’acheter un Lagoon 380 d’occasion en vue d’un refit ?

Les quatre postes critiques sont : l’état du gréement dormant (date de pose documentée, signes d’oxydation aux sertissures), les membranes de saildrive Yanmar SD50 (usure ou micro-fissures), l’état des voiles (déchirures, armature des lattes, UV-strips), et la coque (test osmotique, jonctions polyester, état du pont). Un expert maritime agréé est indispensable avant toute acquisition.

Combien de temps dure un refit de Lagoon 380 ?

Un refit complet - comme celui que nos équipes ont mené sur le CONTREBANDE - demande en moyenne 5 à 6 mois de chantier pour un bateau très dégradé. Un refit partiel portant sur le gréement, les voiles et l’électronique se réalise en 6 à 12 semaines selon la charge des chantiers navals. Prévoir une immobilisation complète du bateau pendant toute la durée des travaux.

Le gréement dormant d’un Lagoon 380 doit-il être remplacé à intervalles fixes ?

Les professionnels du nautisme recommandent le remplacement du gréement dormant en câbles inox 316 tous les 10 à 12 ans sur un catamaran de croisière soumis à des charges importantes. Au-delà de 13 à 15 ans, le risque de rupture par fatigue mécanique augmente significativement. Sur un bateau d’occasion, la date de pose des haubans et étais doit être documentée par le vendeur.

Vaut-il mieux refiter un Lagoon 380 ou acheter directement un modèle récent ?

Tout dépend de vos objectifs. Le Lagoon 380 n’est plus produit depuis 2019. Un exemplaire refité de fond présente l’avantage d’un prix d’acquisition inférieur à celui d’un modèle neuf, avec des systèmes entièrement remis à niveau. Un modèle plus récent - Lagoon 38, Lagoon 42 - offre les technologies actuelles mais à un prix d’achat neuf plus élevé. Nos conseillers peuvent vous aider à arbitrer selon votre budget et votre programme de navigation.

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